Un projet autochtone contre la pauvreté des enfants à Surrey
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Un projet dirigé par les Autochtones pour lutter contre la pauvreté chez les enfants à Surrey

26 avril 2022

EN BREF

  • C’est à Surrey que se trouve la population autochtone la plus importante et en plus forte croissance en Colombie-Britannique. Néanmoins, les Autochtones représentent 22 % de la population en situation d’itinérance à Surrey. Source : 2020 Homeless Count (en anglais seulement)
  • Skookum Surrey travaille sur une initiative pluriannuelle visant à changer le processus de collecte de renseignements. L’objectif est un processus communautaire qui reflète mieux les réalités et les besoins en matière de logement des Autochtones de Surrey.
  • L’approche de Skookum a aidé Krystal Dumais, une résidente de Surrey, à faire part de son expérience et à fournir à Skookum des précisions sur l’ampleur de la pauvreté chez les enfants.
Sheldon Tetreault, assis à l’extérieur sur les marches de l’hôtel de ville de Surrey.
Sheldon Tetreault, chef de projet à Skookum Surrey, aide à repenser la façon de générer les connaissances afin de mieux comprendre la pauvreté chez les enfants de Surrey.

L’objectif de Skookum Surrey n’est pas d’essayer de répondre aux besoins des Autochtones en matière de logement à Surrey. L’organisme n’a pas non plus entrepris de créer une nouvelle façon de générer des connaissances. Les réalisations de l’équipe Skookum ont évolué graduellement, et le financement de la SCHL l’aide à y arriver.

L’organisme a été créé par le Surrey Urban Indigenous Leadership Committee, dont les membres comprennent des groupes autochtones et des représentants municipaux et du gouvernement provincial.

Il a commencé modestement en tant que laboratoire de recherche ayant l’intention d’étudier la pauvreté chez les enfants autochtones dans la ville et de tenter de trouver des solutions. Le groupe a adopté une approche progressive ascendante. Il a rapidement réalisé le grand pouvoir de son modèle de recherche et des personnes y participant.

Il s’agit de reprendre le contrôle de la production des connaissances et de permettre à notre communauté de diriger le processus.
– Sheldon Tetreault, chef de projet, Skookum Surrey

« Cet objectif est lié à notre approche globale à l’égard de l’innovation sociale des Autochtones, explique Sheldon Tetreault, l’un des chefs de projet. « Il s’agit de reprendre le contrôle de la production des connaissances et de permettre à notre communauté de diriger le processus. »

« L’innovation sociale » fait généralement référence à une méthode d’enquête qui considère les problèmes en fonction des systèmes qui les produisent. Elle cherche des solutions qui profitent aux personnes touchées.

Il s’agit d’une approche de recherche populaire en sociologie, mais qui, selon Skookum Surrey, est étrangère aux Autochtones. L’équipe a donc révisé l’approche. Elle a accordé la priorité aux connaissances et à l’expérience vécue des Autochtones au centre pour refléter la réalité des personnes qu’elle aidait.

Krystal Dumais, appuyée sur une main courante au sommet de quelques marches à l’extérieur de l’hôtel de ville de Surrey.
En faisant part de ses difficultés économiques, Krystal Dumais a aidé Sheldon et son équipe à comprendre l’ampleur de la pauvreté chez les enfants à Surrey.

Ce modèle d’étude ascendante et dirigée par les personnes qui y participent a d’abord mené à un examen aussi vaste que possible de la pauvreté chez les enfants à Surrey. L’équipe s’est concentrée sur la pénurie de logements dans la ville et l’importance qu’ils ont. Elle a ensuite mis l’accent sur l’itinérance chez les Autochtones.

Tout au long de ce parcours de cinq ans, l’équipe Skookum a maintenu deux choses constantes :

  1. Une approche unique et évolutive de la production de connaissances.
  2. Une attention particulière portée aux besoins de leur communauté ‒ la population autochtone qui connaît la croissance la plus rapide et qui est maintenant la plus importante en Colombie-Britannique.

Surrey a dépassé Vancouver pour ce qui est de la plus importante population autochtone de la province

  • 3 % de la population de Surrey s’identifie comme autochtone.
  • Près de la moitié de la population autochtone a moins de 24 ans.
  • Plus du tiers des enfants autochtones de Surrey vivent dans la pauvreté.
  • 59 % des résidents autochtones incapables de trouver un logement convenable sont des familles avec enfants.

Source : 2016 Profile of The Indigenous Population in Surrey (en anglais seulement)

Les témoignages aident à saisir la portée des difficultés économiques

Krystal Dumais a déménagé en Colombie-Britannique lorsqu’elle était enfant. Sa mère l’y a emmenée de la Saskatchewan, fuyant une période difficile. Cependant, Krystal et sa mère ont connu de nouvelles difficultés économiques une fois dans l’Ouest. 

J’ai vraiment été interpellée par la possibilité de pouvoir raconter mon histoire
– Krystal Dumais, animatrice pour la mobilisation (et ancienne participante à la recherche), Skookum Surrey

Collaborer avec Skookum a donné à Krystal l’occasion de partager ses expériences. Ce faisant, elle a aidé Sheldon et son équipe à comprendre l’ampleur de la pauvreté chez les enfants dans la ville.

« J’ai vraiment été interpellée par la possibilité de pouvoir raconter mon histoire », explique Krystal.

« Skookum m’a donné l’occasion de faire une présentation et de parler dans un endroit sûr, où j’étais à l’aise. J’ai pu parler à des intervenants communautaires qui pourraient contribuer à apporter des changements à Surrey. ».

Les enquêtes à grande échelle du laboratoire de recherche ont souligné un seul enjeu fondamental : le logement.

Nous avons compris que l’offre limitée de logements abordables à Surrey contribuait directement à la pauvreté des enfants autochtones.
– Sheldon Tetreault, chef de projet, Skookum Surrey

Au départ, l’équipe de Skookum a suggéré la création d’une coopérative d’habitation comme moyen de tester ses constatations sur le logement. Elle a vite réalisé que le manque de logements et ses répercussions étaient trop complexes et trop fondamentaux pour s’y attaquer de cette façon. Elle a plutôt créé un projet dérivé : Le Skookum Lab : Solutions de logement pour les Autochtones, financé par le programme de Laboratoires de solutions de la Stratégie nationale sur le logement.

Ce projet portait spécifiquement sur les besoins et les désirs en matière de logement de la population autochtone de Surrey. Le dernier livrable est une feuille de route qui vise à utiliser des solutions de logement pour briser le cycle de la pauvreté chez les Autochtones à Surrey. Leurs recherches ont montré que le fait de grandir dans la pauvreté réduit les chances d’une personne de passer du mode de survie à une situation où elle peut s’épanouir.

Le laboratoire de solutions détermine qu’il manque près de 2 000 logements abordables pour combler les besoins

La feuille de route indique que les résidents autochtones ont besoin de 1 880 logements hautement abordables. Le laboratoire termine par une stratégie ciblée visant à travailler avec les trois ordres de gouvernement pour construire au moins 772 logements hautement abordables pour les familles autochtones monoparentales.

Le projet Skookum: Recherche autochtone sur les besoins en logement à Surrey (C.-B.) a reçu le Prix Toit d’or 2021 de la SCHL pour l’excellence en recherche sur le logement. L’équipe prévoit utiliser le financement provenant de ce prix pour aller encore plus loin, en mettant l’accent sur l’itinérance chez les autochtones à Surrey.

Elle a choisi cette orientation après avoir découvert une autre statistique désemparante : Les Autochtones représentent 22 % de la population en situation d’itinérance à Surrey. Entre-temps, la ville n’offre pas le soutien nécessaire aux Autochtones en situation d’itinérance.

Le modèle Skookum se poursuit, et c’est un modèle qui a fait ses preuves.

Krystal Dumais et Sheldon Tetreault à l’extérieur de l’hôtel de ville de Surrey.
Krystal Dumais est maintenant animatrice pour la mobilisation pour Skookum Surrey, aidant les autres à partager leurs histoires et leurs expériences à Sheldon et à son équipe.

L’engagement communautaire comme moteur du modèle Skookum

Sheldon explique que l’accent mis par le groupe sur les répercussions a parfois nécessité de résister au désir de passer immédiatement à la phase des solutions. L’équipe a plutôt choisi de laisser le temps à la communauté de définir les problèmes et de trouver des solutions.

Cette approche s’explique par le fait que, en plus du grand défi qu’elle a relevé à Surrey, elle a choisi de relever la barre en ce qui concerne l’idée même de la mobilisation communautaire.

« Trop souvent, les Autochtones sont mobilisés par des étrangers et ont le sentiment que leurs connaissances ont été extraites sans qu’ils en tirent un quelconque avantage », explique Sheldon.

« Nous voulions faire mieux. »

Je n’ai pas d’études postsecondaires. J’ai des connaissances autochtones.
– Krystal Dumais, animatrice pour la mobilisation, Skookum Surrey

Pour Skookum, cela comprend l’embauche d’Autochtones de la région pour travailler sur le projet. Des gens comme Krystal, qui est passée de bénévole à animatrice pour la mobilisation pour Skookum Surrey.

« Je n’ai pas d’études postsecondaires. J’ai des connaissances autochtones. », dit-elle.

C’est une approche intégrée au modèle opérationnel de Skookum.

« Nous sommes conscients des traumatismes, affirme Krystal, et nous pouvons nous identifier à la communauté autochtone à partir de nos propres expériences. »

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