Espoir dans une collectivité à revenus mixtes | Un chez-soi d'abord
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17 septembre 2018

Une collectivité à revenus mixtes loin de la vie dans la rue

On associe souvent le quartier Downtown Eastside de Vancouver à la consommation de drogue, la pauvreté, la maladie mentale, la criminalité, le commerce du sexe et l’itinérance.Récemment, un nouveau narratif est apparu, empreint de compréhension et de respect.

Il y a six mois, Tamara, 56 ans, a déménagé dans l’ensemble locatif à revenus mixtes Olivia Skye, situé dans le quartier Downtown Eastside.

Son studio tranquille, au taux d’un loyer dans une maison d’hébergement, donne sur l’hôtel de ville. On est très loin du temps où elle vivait dans la rue. « Je n’aurais jamais cru voir la ville de cette façon », dit-elle en regardant par sa fenêtre.

Il a été difficile pour elle d’assumer son identité sexuelle dans une famille militaire canadienne-française traditionnelle pendant les années 60 et 70. Comme elle n’avait pas le soutien dont elle avait besoin, Tamara s’est enfuie à l’âge de 14 ans. Même si elle était seule, elle a persévéré. Tamara a obtenu un baccalauréat et est devenue programmeure informatique.

En 1984, Tamara a déménagé à Vancouver dans l’espoir de s’établir dans une ville plus tolérante. Cependant, son expérience n’a pas été à la hauteur de ses attentes. Sa collectivité immédiate rejetait les transgenres. Son corps de sexe masculin la rendait aussi de plus en plus malheureuse. Cette combinaison de facteurs a provoqué sa chute vers l’itinérance.

Pendant plus de huit ans, Tamara a vécu dans la rue.

« Je traînais ma maison sur mon dos comme une tortue, dit-elle. Je travaillais dans la rue pour acheter ma drogue. »

Tamara souffrait de dépression chronique et avait des pensées suicidaires. Le tournant décisif a eu lieu par une froide nuit de septembre en 2010. Elle a été battue par un homme alors qu’elle dormait sur le trottoir. Elle s’est retrouvée avec une jambe dans le plâtre et très peu d’espoir.

Un travailleur d’approche a trouvé Tamara et l’a convaincue de trouver refuge dans l’ensemble de logements sociaux Atira pour femmes seulement. « J’étais surprise de voir qu’elles n’avaient vraiment pas de préjugés contre les transgenres », dit-elle.

La santé de Tamara s’est améliorée. Elle a arrêté de fumer et de se droguer et a retrouvé un poids sain. Ce qui importe le plus, c’est qu’en ayant un logement sûr et stable, elle est finalement devenue admissible à une chirurgie de réassignation sexuelle, ce qu’elle attendait depuis longtemps.

Après avoir terminé sa transformation physique en 2014, Tamara a déménagé dans un appartement individuel dans l’ensemble Atira. C’était la première étape vers une vie autonome. Elle est aussi retournée aux études.

« J’aime me mettre au défi », explique-t-elle. Encouragée par un parrain, elle suit un programme de perfectionnement pour adultes en vue d’obtenir une maîtrise en astrophysique. Ses notes sont déjà plus élevées que celles de ses camarades de classe.

Tamara aime vivre de façon autonome dans l’ensemble Olivia Skye. Cependant, ce qu’elle aime le mieux, ce sont ses voisines. La plupart sont des professionnelles qui travaillent et qui désirent économiser sur leur loyer.

« Elles sont gentilles et positives et elles me disent bonjour, dit Tamara. Le fait de vivre dans un ensemble à revenus mixtes me permet de garder la tête haute. »

Tamara est d’avis qu’un ensemble comme Olivia Skye aide à lutter contre les préjugés concernant les personnes qui reprennent leur vie en main après avoir vécu dans la rue.

« C’est motivant de vivre dans ce genre de milieu. Cela nous pousse à redoubler d’efforts et à toujours chercher à nous améliorer. Nous cheminons ensemble. »

L’ensemble Olivia Skye a obtenu un financement du gouvernement du Canada par l’intermédiaire de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, ainsi que du gouvernement de la Colombie-Britannique par l’intermédiaire de BC Housing. Le financement a été versé en vertu de l’Entente Canada–Colombie-Britannique concernant l’Investissement dans le logement abordable.

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