Les jeunes des PN repensent les logements | Un chez-soi d'abord
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31 décembre 2018

Des jeunes des PN de l’Ontario repensent les logements

« Au début, je pensais que le mot logement signifiait seulement avoir une belle maison et l’entretenir, mais j’ai appris que c’était bien plus que cela, » déclare Twila Kabatay, 21 ans.

L’an dernier, Twila a participé à l’Initiative de stages en habitation pour les jeunes des Premières Nations et les jeunes Inuits (ISHJPNJI) de la SCHL. Elle est récemment devenue gestionnaire d’habitation à temps plein pour la Première Nation de Seine River. Elle faisait partie des plus de 50 jeunes provenant de 25 Premières Nations qui ont assisté au sommet des jeunes Autochtones de l’Ontario sur le logement.

L’évènement de 2 jours s’est déroulé à Thunder Bay, dans la Première Nation de Fort William. Ce fut l’occasion de présenter aux jeunes des carrières dans le secteur de l’habitation et de leur offrir une formation sur l’entretien des logements. L’un des objectifs clés était d’inspirer et de motiver la prochaine génération de leaders du secteur de l’habitation à repenser les logements.

« Mon objectif était d’allumer une flamme chez ces jeunes, déclare Roxanne Harper de la société de conseils Turtle Island Associates. Je veux insuffler en eux de la confiance, pour qu’ils sachent qu’eux aussi peuvent faire partie de la solution. »

Des représentants de l’Université Ryerson de Toronto ont organisé un atelier d’une journée complète au cours duquel les étudiants ont été encouragés à repenser leur communauté. Grâce au travail d’équipe et aux activités, les étudiants ont conçu des logements qui répondaient à des besoins comme la taille de la communauté, la démographie, le mode de vie, la culture, l’emplacement et le climat.

« L’objectif du laboratoire Together Design Lab est d’appuyer les communautés dans la réalisation de leur vision, explique la Dre Shelagh McCartney, qui a animé l’atelier. Il ne s’agit pas de m’asseoir en face de la salle et de parler. Il s’agit d’apprendre, de construire, de jouer ensemble. »

Écouter et apprendre ensemble sont des éléments importants du processus. « Nous devons faire participer les jeunes à cette conversation et encourager une façon plus sûre d’avoir une vision et d’assimiler l’information, explique-t-elle. Je pense que de cette façon, nous en apprenons autant qu’eux. »

Denise Payette, 23 ans, de la Première Nation de Mississauga, a assisté au sommet avec la conseillère Karissa Ferrigan, 21 ans. « Ce que Ryerson a apporté et que j’ai vraiment apprécié c’est l’idée que les besoins de votre communauté sont différents de ceux d’autres communautés, indique Denise. La façon de construire les logements et leur aspect peuvent être modifiés pour répondre à vos besoins particuliers. »

Twila s’est intéressée à l’aspect de l’efficacité énergétique présentée dans le laboratoire. Elle gère la construction d’un logement doté de murs isolés de polystyrène expansé. Elle espère que la durabilité et la chaleur du matériau aideront les communautés à réduire leur facture d’électricité lors des hivers très froids.

« C’est la première fois qu’on l’essaie, explique-t-elle. Si nous pouvons réduire les coûts, même un tout petit peu, ça aiderait beaucoup. »

Elle recherche également des solutions de logements pour personnes seules. La plupart des logements de sa communauté comprennent 2 à 3 chambres. Twila s’est entretenue avec Jalissa Moody de la Première Nation de Nuxalk, elle aussi diplômée de l’ISHJPNJI et qui a rencontré le même problème. Jalissa a été le fer de lance d’un ensemble de micromaisons, et Twila voudrait explorer une solution similaire.

« Il s’agit maintenant d’obtenir le soutien et le financement, indique Twila. L’idée commence à faire son chemin dans la communauté. »

« L’une des choses que j’espère que les jeunes réaliseront c’est que ce n’est pas nouveau pour nous de concevoir nos propres logements, déclare Roxanne, l’animatrice du sommet. C’est une pratique que nous n’avons peut-être pas utilisée dans les 50 à 100 dernières années, mais notre peuple vivait dans des bâtiments très évolués, conçus pour tenir compte du style de vie, des tendances culturelles, des pratiques sociales, de la taille de la famille et de la composition d’un ménage. »

Denise pense que de tels évènements encouragent tous les membres de la communauté à s’exprimer. Elle aimerait qu’il y ait plus de sommets dans toute la province.

Le sommet des jeunes Autochtones de l’Ontario sur le logement a été conçu par la SCHL. Même s’il s’agissait du premier sommet en Ontario, c’était pour la SCHL le septième évènement de ce genre axé sur les jeunes au Canada. De précédents évènements se sont déroulés à Winnipeg, Saskatoon, Calgary, Prince George, Chilliwack et Nanaimo.

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